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Sur les toits : Siné, Serge Livrozet et grande tournée d’automne

Mini zone de Siné : un film qui donne la pêche !

"La coopérative audiovisuelle, Les Mutins de Pangée m’ont envoyé leur dernier DVD Sur les toits, un film de Nicolas Drolc, comme je les aime. Un film qui donne la pêche !
Entre 1971 et 1972, pour la première fois, des taulards déclenchent des révoltes collectives, occupent les toits des prisons et communiquent leurs revendications en s’adressant à la foule. Jouissif ! On se retrouve en compagnie de ceux qui ont déclenché les bagarres, on les voit, on les entend… C’est pas de la fiction, pas des acteurs…c’est des mecs qui en ont et qui ne la ramènent pas… ils sont bruts de décoffrage. Un vrai bonheur.
En complément, un très bel entretien avec Serge Livrozet, ancien détenu, devenu anar d’une très belle eau, raconte des trucs passionnants et qu’on n’a plus l’habitude d’entendre. DVD à ne manquer sous aucun prétexte."

Siné, 15 octobre 2014

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Entretien avec Serge Livrozet

Dans un entretien filmé sur les hauteurs de la baie niçoise, Serge Livrozet revient sur les questions qui le préoccupent aujourd’hui à 73 ans, après un silence médiatique de dix ans : l’anarchisme, le vol, la répartition des richesses, l’endoctrinement des masses, le rôle de l’état et de la religion.

Serge Livrozet est connu pour son combat contre les quartiers de haute sécurité et la peine de mort. Condamné à plusieurs reprises pour cambriolage, il sort de prison en 1972 et écrit son premier livre, De la prison à la révolte, un an plus tard. Puis il créé avec Michel Foucault le Comité d’Action des Prisonniers (CAP) et participe au lancement du quotidien Libération. Aujourd’hui Serge Livrozet continue d’écrire des livres.

Vous pouvez retrouver cet entretien en complément du DVD et maintenant en VOD (à prix libre).

Grande tournée d’automne au cinéma

Toutes les séances se dérouleront en présence du réalisateur, à l’exception de celle du 20 novembre.

- 19 octobre - Bruxelles : Festival des Libertés
En présence de Jean-Marc Rouillan
- 25 octobre - Lausanne : Zinema (du 22/10 au 28/10)
- 4 novembre - Gerardmer : Mois du film documentaire Lorrain
- 6 novembre - Strasbourg : Festival International du Film des Droits de l’Homme
- 8 novembre - Uzès : Cinéma le Capitole
En présence de Daniel Defert
- 13 novembre - Toulouse : Cinéma Utopia
- 14 novembre - Lavelanet : Cinéma le Casino
- 16 novembre - Montpellier : Cinéma Utopia
- 20 novembre - Château-Renault : Cinéma le Balzac
- 22 novembre - Guer : Cinéma Quai 56
- 27 novembre - Bruxelles : Université Saint-Louis
- 28 novembre - Saint Ouen l’Aumône : Cinéma Utopia
- 13 décembre - Clermont-Ferrand : Cinéma Le Rio
Avec le GENEPI
- 10 décembre - Metz : Forum IRTS du Ban Saint Martin

3 ans pour réaliser un film – 3 minutes pour le mettre en ligne

Nous avons édité en avril 2014 le premier film de Nicolas Drolc. Deux ans auparavant, une chaine de télévision s’était dite intéressée par le sujet et nous avions accompagné le réalisateur pour cet improbable rendez-vous. C’était sa première expérience du type, mais il a très vite compris qu’il ne serait question que de cases à remplir, de montages financiers et accessoirement du contenu où il faudrait évidemment temporiser les propos des anciens détenus.
Il a refusé et fait le film qui lui plaisait en faisant des petits boulots et en réussissant à convaincre des copains de le suivre dans cette longue aventure. Et pendant trois ans, il a patiemment fabriqué le film dont il rêvait et qui nous a énormément plu, laissant les acteurs des mutineries parler librement : les taulards incarcérés à peine sortis de l’adolescence parce qu’ils refusaient de perdre leur vie à la gagner et de rester à leur place de « pauvres parmi les pauvres », le maton qui a choisi ce boulot parce qu’il s’y fatiguait moins qu’à la chaîne...
Très récemment, le réalisateur nous informe que son film est disponible gratuitement en téléchargement sur le site d’un « collectif regroupant des individu(e)s anti-capitalistes radicalement anti-fascistes et anti-autoritaires » à qui il a demandé de le retirer. Cela a été fait, mais l’administrateur indique qu’il le remettra « lorsque Monsieur le réalisateur sera rentré dans ses frais ! ». Nous pouvons donc d’ores et déjà lui annoncer qu’internet n’existera sûrement plus à ce moment là...

Voici une copie du mail que nous avons envoyé à l’administrateur du site :

Cher administrateur du collectif autonomie – égalité – liberté,
Nous supposons, mais vous pouvez nous contredire, que ce film et les thèmes qui y sont développés ont présenté pour vous un intérêt assez fort pour que vous le proposiez aux membres de votre collectif.
Nous pensons, en tant qu’éditeur, que l’une des raisons pour lesquelles ce film a éveillé votre curiosité, en dehors de la rareté des productions sur ce thème, est qu’il a été conçu dans la plus grande liberté par son réalisateur qui a refusé des financements extérieurs qui l’auraient, entre autres, contraints à encadrer les témoignages, mais lui auraient certainement aussi permis de « rentrer plus vite dans ses frais  ». Cette liberté a guidé ses choix et il s’est organisé de manière autonome pour réaliser son premier film.
Réaliser un film demande beaucoup d’énergie et une ténacité à toute épreuve puisqu’il nécessite de convaincre beaucoup de personnes à toutes les étapes de la réalisation (cadreur, monteur, ingénieur du son, étalonneur, mixeur…) sur un temps très long, 3 ans en l’occurrence. Nicolas Drolc a fait ce choix, il est arrivé au bout, et en tant qu’éditeur, nous ne pouvons que l’en féliciter. Les conditions de fabrication valent pour nous beaucoup de discours.
Il se trouve par ailleurs que nous, éditeur, ne sommes pas non plus des robots anonymes. Nous avons un site internet, une adresse mail à laquelle nous répondons toujours et il nous arrive même de réfléchir aux conditions de rendre le monde un peu meilleur au travers des films que nous proposons.... Nous pensons donc, au risque de paraître farfelus, qu’une des bases de la transformation sociale que vous appelez de vos vœux peut passer par l’échange, le débat, l’argumentation, la contradiction et même dire « Bonjour, votre film nous intéresse, nous souhaiterions le faire connaître aux membres de notre collectif, comment pourrait-on faire… ».
Et voilà ce qui aurait pu se passer si on était parti sur ces bases :
Nous vous aurions indiqué que le film existait en DVD et que si la copie dite « illégale » ne fait qu’égratigner la grande industrie du divertissement, elle tue lentement mais sûrement l’économie indépendante dans laquelle nous sommes et dont la seule dépendance est celle des spectateurs, seuls financeurs des films que nous produisons.
Le raisonnement est relativement simple : vous appréciez un film pour son ton libre, ce dernier critère l’exclut, en principe, de tous les financements habituels (télévision et cinéma), sa seule économie réside donc dans l’achat de dvd et les projections publiques (c’est-à-dire a posteriori). Par conséquent, si le film est proposé gratuitement aux spectateurs, il n’y aura plus d’économie pour le fabriquer et pour vous plus de films à proposer, si ce n’est ceux de l’industrie qui, comme nous le savons, souffrent infiniment moins que nous du piratage. En résumé, nous y perdons et vous y perdez, sans parler de l’horizon vers un monde meilleur qui s’éloigne d’autant…
Si vous estimez ne pas être en mesure d’acheter le DVD, ce que nous pouvons tout à fait comprendre, nous proposons aussi le film en VOD pour la somme de 4 euros sur notre plateforme. En invitant trois amis à le regarder en votre compagnie, cela fait un euro chacun, somme que nous estimons raisonnable pour voir un film qui a nécessité trois ans de fabrication. Et puisque nous ne sommes ni Universal, ni Amazon, si vous en doutiez encore, nous pouvons même vous avouer que l’humain derrière son ordinateur a une marge de manœuvre pour appliquer des réductions de tarifs…
Certains films de notre plateforme sont par ailleurs totalement gratuits ou en prix libre lorsque les réalisateurs estiment que leurs films ont trouvé leur équilibre (ce qui ne signifie pas enrichissement, si cela est besoin de préciser).
Une autre expérience est actuellement menée par Pierre Carles pour son prochain film Opération Correa. La première partie de ce feuilleton documentaire est d’ores et déjà proposée en accès libre et l’objectif est d’inciter les internautes à financer la suite de l’enquête qui circulera ensuite librement et ainsi de suite pour les 3 épisodes à venir.
J’espère que vous aurez compris que nous évoluons aussi dans un monde réel que nous interrogeons sans cesse pour trouver la meilleur façon de s’organiser, en essayant de faire au mieux pour que chacun s’y retrouve et continue à fabriquer et montrer des outils d’émancipation.
Si vous le souhaitez, vous pouvez donc continuer de porter à la connaissance des membres de votre collectif l’existence du film de Nicolas Drolc en indiquant qu’il est disponible en DVD et en VOD sur notre site et que si des personnes souhaitent organiser des projections ou ont des questions, qu’elles n’hésitent pas à nous écrire.

Les Mutins de Pangée
Octobre 2014

Sur les toits vu par

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