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Rushes de Bruno Muel

Les éditions commune et Film flamme, collectif de cinéastes, écrivent depuis Marseille leur histoire du cinéma, un cinéma hors capital(e) ! La collection a été lancée en avril 2011 et compte aujourd’hui six titres.

Chaque livre explore un film, une œuvre, un cinéaste : le dernier numéro est consacré à Bruno Muel et revient sur le parcours et l’engagement d’un cinéaste incontournable, compagnon de René Vautier, de Jean-Pierre Thorn, des ouvriers de Sochaux et de Renaud Victor…

Le livre est composé d’un texte de Bruno Muel sur les images, le montage, l’engagement, de documents sur les groupes Medvedkine, de photogrammes de Rio Chiquito et de Septembre chilien et d’un DVD comprenant la version restaurée d’Avec le sang des autres et un court-métrage de René Vautier Les trois cousins.

La revue de presse

- Slate : "Muel, Robichet : un vivant se souvient, un vivant s’en va" - JM Frodon
- Voz (entretien en espagnol) : Bruno Muel : “Los guerrilleros no tenían miedo”
- Le Grand soir (article de Voz traduit) : Bruno Muel : "Les guérilleros n’avaient pas peur"
- L’Humanité : "L’Œil de l’équipe" - Emile Breton
- Le Monde : "Bruno Muel, l’annonce d’un effrondement à venir" - Jacques Mandelbaum

Un chant d’amitié par René Vautier

Sur tous les points chauds du monde, il pointe son objectif et témoigne. L’Algérie ? Il est l’œil de Marceline Lorridan filmant la première année de l’indépendance. Le Kurdistan ? Caméra au poing, il est au côté des résistants de Barzani ; il accompagne les Palestiniens, rentrant avec eux dans leur pays qui leur est interdit ; l’Afrique ? sa "deux chevaux" l’abandonne dans les sables du Sahara, mais il ramène des images fabuleuses sur l’exploitation des mines de diamants et la surexploitation des travailleurs africains… L’Amérique du sud ? Il est l’illustrateur des luttes des combattants des maquis des Andes, il donne l’image et le son aux amis de Camillo Torres, il leur donne aussi sa santé… mais pour se prouver qu’il est toujours debout, il retourne les voir après une terrible opération dont nul ne pense qu’il ressortira indemne, juste pour retrouver là-bas, au cœur des forêts, des combattants fidèles à leur cause, et pour se prouver qu’il peut encore leur être utile en montrant qu’ils sont toujours debout… Un aventurier, Bruno ? Non, un chevalier de l’image. Amenant l’expression aux hommes et aux femmes à qui on la refuse, aux ouvriers de Citroën comme aux femmes de Saint-Nazaire, à Mohamet Zinet l’Algérien comme aux emprisonnés du Midi… Bruno Muel, c’est un grand bonhomme qui s’exprime en aidant ceux qui luttent à s’exprimer. Et ceux qui ne luttent pas ? C’est pas son rayon, il les laisse aux gâcheurs de pellicule. René Vautier


Retrouver sur le site de l’association Périphérie, les autres textes écrits en hommage à Bruno Muel lors des Rencontres du cinéma citoyen à Bobigny en sa présence (2004) : Jean-Pierre Thorn, Eric Pittard, Marcel Trillat, Tangui Perron, Françoise Audé...


Daniel Mermet à propos du livre

« J’ai rencontré Bruno Muel pour une émission sur Sochaux, sur la condition ouvrière chez Peugeot et sur son film Avec le sang des autres, avec la voix bouleversante de Christian Corouge parlant de ses mains d’ouvrier. Nous nous sommes revus pour parler d’un autre de ses films, Septembre chilien. Il y a dans ce film un des plus beaux plans et l’un des plus beaux sons de cinéma, tournés quelques jours après le 11 septembre 1973 à Santiago. Avec le coup d’état de Pinochet et de la CIA, le Chili entrait dans la nuit. Quelques jours plus tard, le pays effaré apprend la mort de son grand poète Pablo Neruda. Caméra à l’épaule, Bruno Muel filme son enterrement. Et ces funérailles vont se transformer en une manif contre la dictature. Une voix lance « Pablo Neruda ! » et la foule répond « Présent ! » à plusieurs reprises. Ainsi, dans le même plan, on a la dictature et la mort, mais aussi on a le refus, on a la dignité, on a la résistance. On a la puissance de la poésie. Cette fois, avec ce livre, c’est le stylo qui remplace la caméra. En 1983, le temps d’un vol de nuit vers la Colombie où il revient filmer la guérilla des FARC, Bruno Muel se laisse aller à entremêler récit, souvenirs et réflexions sur son parcours. Aujourd’hui, caméra, micro ou stylo en main sur les routes du monde, des jeunes gens poursuivent ce rêve naïf et que j’aime et que je partage toujours, qui est de se dire “Si j’y vais, ça va pas se passer comme ça”. C’est la foi que partage Bruno Muel. C’est la foi qui parcourt ce récit, ces rushes. » Daniel Mermet

La collection cinéma hors capital(e) !