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Les ridicules combats des successeurs de Cahuzac

Le journal indépendant LA FEUILLE (Lot-et-Garonne) nous a envoyé ce film court, que vous pouvez voir ici :

Les ridicules combats des successeurs de Cahuzac

Hiver 2014 : quinze personnes avec quatre enfants dont une fillette malade vont passer plusieurs mois sans électricité et sans eau. Cette année-là la neige est tombée en abondance. Les enfants voulaient suivre les Music Awards à la télé. Comme on ne pouvait pas voir la cérémonie faute de courant, on a pris une lampe de poche et on a chanté en faisant des ombres chinoises sur le mur.

Cela se passe à Villeneuve sur Lot, ville qui fut celle de Cahuzac. Ses successeurs sont "socialistes", tous dotés de cumuls et d’un patrimoine immobilier consistant. Les deux familles étaient autrefois du voyage. Elles ont grandi et ont été à l’école dans cette petite ville du Sud-Ouest où plusieurs travaillent désormais. Il y a dix ans Malika Escoder a acheté une terre agricole où elle veut que la famille se sédentarise comme toutes les lois actuelles (françaises et européennes) le préconisent quand c’est possible. Ils ont aménagé le terrain, empierré le chemin, fait l’assainissement, les caravanes qui servent de chambres et d’outil de travail pour faire les saisons au pays de la prune sont bien rangées. Tout est calme et propre, les voisins s’entendent bien avec ces familles qui vivent là paisiblement depuis dix ans, inconnues des services de police, payant les impôts locaux et fonciers, les notes d’eau et d’électricité. Les enfants sont scolarisés.Il n’y a aucun trouble à l’ordre public.

EDF interrogée en 2014 sur cette coupure d’électricité qui les prive de tout les informe à cette époque que c’est « sur demande » que le compteur de chantier a été fermé. Malika arrive à rencontrer le député (LR) qui intervient. En changeant de fournisseur le courant sera rétabli au printemps. Pourquoi un tel acharnement ? Parce que depuis dix ans la mairie de Villeneuve sur Lot (pourtant dans un état financier catastrophique) a multiplié des actions judiciaires coûteuses (première instance et appel) parce que les familles ont construit sur ce terrain agricole un lieu de vie en bois de 30m2 où la famille se réunit. N’ayant pas eu les moyens de se défendre Malika et ses proches ont perdu.

Le 27 juin 2017 les quinze personnes (dont des enfants) sont convoquées au tribunal pour un référé qui doit dire s’il y a lieu de détruire ce lieu de vie « avec recours à la force publique ».

Un comité de soutien appuyé par Bertrand Tavernier s’est battu pour que ces familles puissent trouver un avocat. Au bout de dix tentatives infructueuses une jeune avocate motivée a accepté de les défendre par le biais de l’aide juridictionnelle. Aucun élu local P.S. n’a souhaité donner une réponse permettant de sortir de cette affaire par le haut.

Anne Carpentier, journaliste ( LA FEUILLE)

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