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Le rapport Brazza

Le Rapport Brazza
Mission d’enquête du Congo : rapport et documents (1905-1907)
de Pierre Savorgnan de Brazza / Commission Lanessan
Préface de Catherine Coquery-Vidrovitch

Le passager clandestin publie pour la première fois le rapport établi entre 1905 et 1907 par le ministère des Colonies, à partir des informations rassemblées par la dernière mission de Pierre Savorgnan de Brazza au Congo. Ce document présenté par Catherine Coquery-Vidrovitch est accompagné de nombreuses autres archives inédites.

Par cette publication, le passager clandestin met à la disposition de tous un document fondamental pour appréhender l’histoire coloniale européenne au tournant du XXe siècle, ses enjeux, ses pratiques et ses effets.

En 1903, le journaliste britannique Edmund Morel entreprend de lancer une campagne européenne contre les abus du « caoutchouc rouge » (sanglant) de l’État indépendant du Congo, le futur Congo belge, alors soumis au pouvoir discrétionnaire de Léopold II, roi des Belges. Côté Congo français, les abus sont réputés moins criants. Néanmoins ils sont assez réels pour provoquer quelques remous dans la presse et au parlement au cours de l’année 1904-1905.
En 1905, pour tenter de faire taire les rumeurs et calmer l’impatience des autres puissances coloniales de la région, les autorités françaises se sentent obligées de dépêcher sur place une mission d’inspection. Telle est l’origine de la dernière mission en Afrique de Pierre Savorgnan de Brazza, partie le 5 avril 1905 de Marseille, qui entraîna la mort de l’explorateur, le 14 septembre 1905, à l’escale du retour à Dakar. Le rapport qui fut rédigé par le ministère à partir des archives de la mission, jugé explosif, ne fut jamais publié. Il fut oublié et on le crut perdu...

Le rapport Brazza met en lumière un système inefficace, coûteux pour l’État et surtout à l’origine d’abus massifs et intolérables. Il montre le poids exercé par les intérêts privés sur la politique coloniale. Il prouve que l’administration française ne pouvait ignorer ces dérives, qu’elle les tolérait et que, dans une certaine mesure, elle les couvrait.

Critique du Canard Enchaîné

Pendant deux mois, une commission chargée de rédiger le rapport final travaille d’arrache-pied, mais celui-ci ne sera jamais rendu public. Trop scandaleux. Le voici publié pour la première fois. Qu’avait mis au jour Brazza de si dérangeant ? Il avait montré, comme le dit la préfacière Catherine Coquery-Vidrovitch, que « les abus, nombreux et fréquents, n’avaient rien d’exceptionnel ». (...) Le message est clair : on a livré un pays entier à la voracité d’intérêts privés, et l’administration ferme les yeux sur les crimes que commettent ces prédateurs. Et dire que la loi du 23 février 1905 a failli comporter un article sur les « effets positifs » de la colonisation... (Jean-Luc Porquet).