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La fête est finie

Disponible en DVD et VOD

"Nous installons en notre sainte citadelle ce monstre de malheur. À ce moment aussi, Cassandre ouvre la bouche, dévoilant l’avenir, elle que, par l’ordre d’un dieu, les Troyens n’ont jamais crue. Et nous, malheureux, qui vivions notre dernier jour dans la ville, nous ornons les temples des dieux de feuillages de fête."
Virgile, ÉNÉÏDE, Livre II

Partout en Europe, sous les assauts répétés des politiques d’aménagement, la ville se lisse, s’embourgeoise, s’uniformise. Cette transformation se fait au prix d’une exclusion des classes populaires, repoussées toujours plus loin des centres-villes.

L’élection de Marseille en 2013 au titre de « Capitale Européenne de la Culture » a permis une accélération spectaculaire de cette mutation. Là où brutalité et pelleteuses avaient pu cristalliser les résistances, les festivités, parées de l’aura inattaquable de « la Culture », nous ont plongés dans un état de stupeur. Elles n’ont laissé d’autre choix que de participer ou de se taire.

Revue de presse

Le Canard enchainé : "La démonstration est saisissante : la culture a servi de cheval de Troie à un projet de reconquête du centre-ville"

Critikat.com  : "Nous voilà donc en présence d’une démarche précieuse : à l’ère de la prolifération des images dédiées à la communication, filmer ce qui est rendu invisible est une démarche nécessaire."

Télérama : "Engagé et percutant, nourri de témoignages pertinents, ce documentaire est scandé par des ­extraits de l’Iliade, lus en voix off... Une manière de dire que la culture sert de cheval de Troie aux guerriers du libéralisme le plus féroce."

A propos du film par Jean-Pierre Garnier

Sociologue et urbaniste

Le film montre les différentes facettes d’un processus global de dé-civilisation urbaine fait de dislocation territoriale, de désintégration sociale et d’aliénation culturelle. Ce à quoi on assiste, c‘est à une restructuration néo-libérale et sécuritaire du tissu urbain, en cours dans presque toutes les villes européennes, pour expulser et disperser au loin les couches populaires.
Mais le film incite en outre à s’interroger sur l’importance croissante accordée à la mise en scène culturelle et touristique d’une ville par ses gestionnaires. La mise en avant de la culture - ou plus exactement du « culturel » - ne sert pas seulement à la valorisation marchande de l’espace urbain. Il y a une autre finalité, plus directement idéologique : dans des sociétés à court d’idéaux et d’utopies susceptibles d’ouvrir vers l’avenir, il s’agit aussi de réenchanter un present sans perspectives à l’aide d’artéfacts souvent burlesques et toujours dérisoires.


En fait, on gouverne à la culture ou au ludique. « L’ impératif culturel », la « démocratisation de la culture » c’est un nouveau régime de gouvernementalité, comme disait Foucault. Il sont censés, en fin de compte, conférer les apparences d’une société au monde atomisé d’étrangers les uns aux autres – quand ils ne sont pas hostiles – dans lequel nous vivons. Cette obsession du rassemblement, ce souci pour la suspension des divergences – dont MP 2013 fut un moment culminant – est le propre d’une société désagrégée, obsédée par les fractures innombrables qui la traversent et la décomposition qui la menace.

On le voit bien au travers de la séquence où un troupeau de moutons circule « en transhumance » sur une voie longeant le Vieux Port, bordée d’une foule de spectateurs enthousiastes ou ahuris. Elle laisse entrevoir sur le mode humoristique à quel rôle la « culture » officielle réduit ces derniers : celui d’un cheptel docile incité à « participer » de manière grégaire aux jeux organisés par les autorités, dans l’ignorance totale de ce qui est en train de se jouer à Marseille.

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À propos

Avec : Alessi Dell’Umbria, Bruno Le Dantec, Collectif « On se laisse pas faire« , Un centre-ville pour tous, Karima Berriche, Jean-Claude Gaudin, David Atkins (Hammerson inc.),…
Image : Nicolas Burlaud – Push Anonym – Elphège Berthelot – Kalamity Frame
Thomas Hakenholz – Jean-Marc Lamoure – Etienne la favouille (2marstv)
Prise de son : Alain Mathieu – Fabio Christiny – Jules Jasko
Musique : Laurent Pernice – Pierre-Laurent Bertolino – Dupain – Manu Théron – U-Sound – Farouche Zoé et Keny Arkana
Montage : Nicolas Burlaud – Agathe Dreyfus
Montage son & Mixage : Maxime Covelli – studio Label 42
Production : Primitivi avec le soutien de la cie Les Inachevés – Academie des savoirs et des pratiques artistiques partagées (intergénérationelles) : Moïse Touré & Céline Chagnas
Distribution : 360° et même plus & Primitivi