Menu

La cigale tourne à Tournefeuille : Non à Val Tolosa !

Vendredi 16 décembre 2016, Cinéma Utopia Tournefeuille.

Savez-vous ce qu’est un GPII ? Cherchez pas, voici la réponse : Un Grand Projet Inutile et Imposé. C’est ce que dénonce le collectif NON A VAL TOLOSA (Gardarem la menude !), contre le projet de construction d’un méga centre commercial de Plaisance-du-Touch (Ouest Toulousain). Plus de dix ans que ce collectif de citoyens inépuisables lutte contre la destruction du coin, destruction de la nature, destruction des espèces protégées, destruction des commerces de proximité... Et qui plus est illégal, le premier permis de construire ayant été annulé par la justice. Mais les prédateurs ont la peau dure et la bagarre n’est pas gagnée car le mairie a, malgré tout, délivré un permis de destruction, d’où l’appel à une grande marche citoyenne du 17 décembre 2016.

- Lire le communiqué du collectif Non à Val Tolosa

JPEG - 112.8 ko
Marche citoyenne, Toulouse, le 17/12/16

Nos camarades d’Utopia Tournefeuille ont eu l’excellente idée d’organiser une rencontre autour de la diffusion de notre film La cigale, le corbeau et les poulets, telle une "veillée d’armes" en soutien à la marche et une très bonne occasion de créer des liens qui seront utiles pour les combats en cours. Les membres du collectif et la bande de la Cigale avaient beaucoup d’expériences à partager. Pierre Blondeau (le buraliste-écrivain), Jean Oréglia (dit "le suisse") et Alain Baret (le boucher-charcutier) étaient en très grande forme. L’échange fut intense, vif, pertinent... et on s’est fendu la gueule, ce qui ne gâche rien car on ne cesse de militer pour cette évidence : Le militantisme n’a de l’avenir que lorsqu’on se marre !

La salle était comble (désolé pour celles et ceux qui n’ont pas pu entrer, mais il y en aura d’autres, n’oubliez pas que le film sort nationalement le 18 janvier :

- Voir la programmation en cours)

Avant la séance, comme d’habitude, les vaillants héros de la bande de la Cigale distribuaient le dernier exemplaire de leur fameux feuillet d’opinion.

JPEG - 117.4 ko
Jeannot distribuant La Commune

Voici comment commence La Commune du jour (n°299) :

"Il y a un os dans la bougnette !
Le 11 novembre dernier, des tags ont fleuri autour du monument aux morts de Saint-Pons : « Non à la guerre… » Les autorités (mairie, gendarmes, Midi Libre…) s’en sont émues et ont immédiatement cherché quel était le « gaucho » coupable. Quelques jours après, d’autres barbouillages, racistes, haineux, anti-musulmans (genre : Islam dehors !) étaient peints sur les piles du pont de l’ex-gare ainsi que sur l’abri-bus des Marbrières. Là, contre toute attente, pas de réaction de quiconque… Que dalle !" (...) Lire la suite

JPEG - 47.2 ko
Commune obligatoire pour tous !

Puis, une dame du collectif nous a fait l’honneur de nous lire une fable qu’elle a écrite pour présenter le film (à découvrir en bas de cet article).

JPEG - 42.9 ko
Au premier plan : Le suisse qui dort près de Pierre B. Derrière : le boucher.

Comme d’habitude, la bande a voulu revoir le film.
Comme d’habitude, le suisse à ronflé.
Comme d’habitude, Pierrot lui a filé des coups de coudes.

JPEG - 40.1 ko
Encore dans le flou, le suisse s’est réveillé pour applaudir.

Ensuite, ce fût l’ovation pour la petite bande. Évidemment, c’est très touchant pour eux comme pour nous, de vivre ces moments là. Et, il faut bien l’avouer, c’est à la fois rassurant et encourageant pour tout le monde car dans les luttes réelles et nos rêves cinématographiques, on est sûr de rien, à part de douter tout le temps. Probablement, ces énergies déployées prennent tout leur sens quand elles s’expriment collectivement. Après la séance, la bande de la Cigale rependra la route pour aller ouvrir la boutique (le matin à 6 heures !) et nous vers la prochaine destination. Mais revenons à l’essentiel, le débat, où ont été discutés quelques points dont en voici le résumé de ceux que j’ai retenu pour l’instant, après une courte nuit de sommeil :

- La question de l’énergie éolienne : La bande de la Cigale se bagarre contre les éoliennes industrielles qui poussent comme des champignons dans le parc naturel du Languedoc, avec la complicité de certains élus et l’absence de concertation avec la population locale, entrainant de graves conséquences sur l’environnement. La question est cruciale car elle met en débat à la fois la nécessaire transition de la production d’énergie et la façon dont les capitalistes sans vergogne se sont emparés du dossier, se préoccupant de l’intérêt général comme d’une vieille paire de chaussettes trouées. Un échange d’arguments contradictoires entre Pierre Blondeau et un spectateur sur la question fut passionnant. Dans cette lutte anti-éolienne industrielle, généralement on tombe d’accord sur les pratiques inacceptables d’EDF Energies Nouvelles et de certains élus mais les industriels du big business écologique arrivent toute de même à faire passer l’idée qu’il n’y a pas d’autre alternative à cette alternative et le point de Godwin est atteint après la réplique qui tue : "Mais vous préférez une centrale nucléaire ?". Ce à quoi Pierre Blondeau et ses amis répondent qu’il n’y a toujours pas moins de centrales nucléaires en France et que si vous êtes tellement convaincu par les bienfaits de l’éolien industriel, vous pouvez toujours demander à EDF Energies Nouvelles qu’ils vous installent un parc dans votre jardin (si vous avez un jardin). La force de ces militants anti-éolien industriel est de proposer d’autres solutions et de faire avancer les débats en toute transparence. Des débats que refusent EDF Energies Nouvelles et les élus les plus hostiles à toute pratique réellement démocratique. Nous prendrons le temps plus tard de revenir en détail sur cette question aussi cruciale que stimulante.

JPEG - 132.2 ko
Jeannot Sancho Panza De Suisse

- Le pouvoir des médiocres est forcément clientéliste : Dans la salle, on s’est demandé comment certains élus pouvaient exercer autant de pouvoir sur la population. Pierre Blondeau a donné son explication, résultat de l’observation qu’il fait de la politique locale depuis bien longtemps. Il a vu comment des familles entières étaient tenues par des postes, des promesses, des petits services rendus, des menaces, qui constituent des raisons suffisantes à maintenir au pouvoir les plus habiles élus cumulards. Mais parfois, les choses tournent moins bien pour ces gros malins car leur absence de goût pour le partage les déconnecte totalement des réalités et des besoins de leur administrés... Et puis il y a l’arrivée des "migrants" d’autres régions, celles et ceux qui sont pas du coin et dont le foyer ne dépend pas tellement du bon vouloir d’un potentat local qui, du coup, perd un peu de son aura. Et puis il y a des gens courageux...

JPEG - 33.6 ko
Le boucher Alain Baret sous le regard médusé du Suisse

- L’alliance des forces citoyennes contre un Pouvoir aussi méprisant qu’imbécile : Pour la première fois, nous avions la chance d’avoir, aux côtés de Pierre Blondeau (le buraliste de la Cigale donc) et son compère Jeannot (’le Suisse"), Alain Baret, qui n’est pas seulement boucher-charcutier, mais président (entre autre), des boulistes de St-Pons, des chasseurs, et du syndicat des propriétaires forestiers privés... Un gars qui ’"n’est pas communiste" comme il le dit dans le film, mais qui s’est allié par nécessité et par sympathie à la bande de la Cigale face aux pratiques des petits califes locaux et de leurs sbires (menaces, sabotages, excréments déposés dans les véhicules, vols, tags, tir à l’arme à feu contre les domiciles des opposants-résistants... la liste est édifiante). Face aux injustices, des gens qui pourraient paraitre tellement éloignés se retrouvent sur "des bases républicaines", comme ils disent. Avec une telle pratique de la libre expression et de l’humour nécessaire à faire passer les tensions qui naissent des divergences, La Cigale est devenu au fil du temps un laboratoire exemplaire des luttes collectives et plus modestement, un lieu de vie.

JPEG - 39.8 ko
Sur la voiture de Alain Baret

- La prise de pouvoir des citoyens par les élections  : Pierre Blondeau a été deux fois candidat à la mairie de Saint-Pons-de-Thomières. A chaque fois, la liste dont il était le serviteur a été à deux doigts d’entrer au conseil municipal, mais le vote dit "utile" inhérent à notre système non proportionnel à deux tours (et si peu démocratique), l’en a empêché. Contre l’avis de certains de ses camarades libertaires, Pierre Blondeau maintient que la prise du pouvoir, même très partielle, est nécessaire pour qui veut réellement changer les choses pour les autres (et par pour soit... car Pierre Blondeau ne demande jamais rien pour lui-même !). Pierre Blondeau est candidat au près de "la France insoumise" pour les prochaines élections législatives. Les candidats seront désignés en janvier. A suivre...

O.A., le samedi 17 décembre 2016.

La présentation écrite et interprétée par Fabienne Lépineux de Non à Val Tolosa ! :

Maitre Corbeau quelque peu allumé
Envoie cartouches et mots timbrés
Au président et son gouvernement.
Sarkozy à l’époque si vaillant
Demande justice et châtiment.
"Y vont pas nous faire chier longtemps,
Si le coupable se cache obstinément
Je connais des trublions tout désignés
Que j’aimerais voir enfin coffrés !"
Sur ces paroles pour le moins explicites,
Les policiers s’équipent et s’invitent
Dans le village de Saint-Pons-de-Thomières
Armes et grenades en bandoulière.
Un buraliste et ses copains
Occupent déjà le terrain.
Dans la Cigale refont le monde
Trouvent que la Terre n’est pas bien ronde.
Leur journal La Commune
Est prêt à décrocher la lune,
Veilleurs de grains et de démocratie
Ils dénoncent des politiques ls idioties :
OGM, éoliennes et pesticides,
Projets aux odeurs bien putrides !
Nabot Léon reprend son discours perfide :
"C’en est assez de nous défier !
Il est temps de vous vilipender !
Pour tous vos sarcasmes vous allez payer"
Mais le corbeau enfin démasqué,
Les trublions à leurs actions sont retournés
Notre démocratie est de nouveau bien gardée
Vive les mutins de Pangée
Sans oublier Azam Olivier.

Actu plus ancienne Actu plus récente