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L’usine, un jour de moins, un jour de plus

’’Dis donc camarade Soleil, tu ne trouves pas que c’est plutôt con de donner une journée pareille à un patron ?’’
Jacques Prévert

La fonderie Bouhyer se trouve dans la région d’Ancenis. Elle fut l’une des toutes premières en France à négocier avec les syndicats une réduction du temps de travail sans perte de salaire. Ce film raconte l’histoire de cette communauté de salariés qui travaille, depuis 1994, 32 heures sur quatre jours par semaine.
Comment peut-on, demain, imaginer gagner sa vie sans la perdre ? Cette question, Eric Pittard l’a posée au milieu des coulées de fonte et des courbes économiques en regardant et en écoutant ce qui se passe dans cette fonderie ainsi que dans les foyers d’Ancenis, à l’aube de l’an 2000.

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Le réalisateur

Après avoir collaboré en tant que cadreur et directeur photo avec Ali Akika, Nicolas Philibert Juliet Berto ou Robert Kramer, Eric Pittard se rapproche du collectif Cinélutte dans les années 1970.
En 1998, il réalise l’Usine. À travers la vie dans la fonderie Bouhyer, près de Nantes, il filme «  une histoire où il n’y a pas de bons et de méchants, d’ouvriers victimes d’un côté et de patrons cyniques de l’autre, pas de conflits ouverts, juste une communauté régie par des parcours différents et des rapports de classes  », selon ses propres mots. La même année sort "Dupont… Banlieue… France", un documentaire qui nous fait découvrir un couple de prolos dans une cité, dont la rage se transforme en haine et qui exprime, face à la caméra du réalisateur. En 2010, après dix ans d’absence, il fait son retour au cinéma pour "De l’usage du sextoy en temps de crise", dans lequel il joue le premier rôle... Eric Pittard nous a quitté en 2013.

La réduction du temps de travail, une conquête des luttes sociales


La réduction du temps de travail, thème au cœur du film d’Eric Pittard, a toujours été le résultat de luttes ouvrières. Ce combat pour l’émancipation de la classe ouvrière par une réduction du temps de travail est à l’origine de la célébration du 1er mai dans le monde entier.

L’origine du 1er mai remonte aux Etats-Unis. En 1884, le congrès des syndicats des États-Unis se donne deux ans pour imposer la journée de travail de huit heures et décide de débuter cette action le 1er mai.

Le 1er mai 1886, plus de 300 000 ouvriers auxquels a été refusée par les patrons la journée de huit heures, entament une grève générale. Le 3 mai, trois grévistes sont tués à Chicago dans une manifestation. Le lendemain, une bombe explose lors d’une marche de protestation. Malgré l’absence de preuves, cinq anarchistes sont condamnés à mort. Quatre seront pendus et trois condamnés à perpétuité.

Le 20 juin 1889 la IIe Internationale socialiste, adopte cette date pour « une grande manifestation à date fixe dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour » afin « de réduire légalement à huit heures la journée de travail ».
Le 1er mai 1890, de nombreuses manifestations ont lieu dans le monde entier.
Le 1er mai 1891, à Fourmies, cité industrielle du Nord, les ouvriers du textile et de la verrerie manifestent pour la journée de huit heures et la hausse des salaires. À la suite d’une échauffourée avec les gendarmes à cheval, la troupe tire et fait neuf morts, et trente-cinq blessés.

Il faut attendre le 23 avril 1919 en France pour que la journée de huit heures soit instaurée et que le 1er mai devienne une journée chomée.

Pour aller plus loin

Une histoire de la grève générale, réalisé par Olivier Azam et Laure Guillot
A partir d’archives très peu connues, les historiens Miguel Chueca et Charles Jaquier (chargé de la collection Mémoires sociales aux Editions Agone) racontent l’histoire des luttes syndicales, à travers les idées et les actes qui ont marqué cet âge d’or et ont abouti aux conquêtes sociales qui fondent le monde du travail d’aujourd’hui.

Là-bas si j’y suis : 1er mai 1886, massacre à Chicago, une émission à réecouter ici