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L’éducation populaire, monsieur, ils n’en ont pas voulu… Inculture(s) 1

Présentation de l’éditeur

Sous la dénomination de « Petits contes politiques et autres récits non autorisés », Franck Lepage raconte ici, dans une analyse aiguë, féroce et jubilatoire, comment l’idée magnifique d’éducation populaire, qui devait se réaliser après la Seconde Guerre mondiale, a été étouffée, dévoyée, et travestie depuis en « démocratisation culturelle ».

Quand je dis : « J’ai arrêté de croire à la culture », entendons-nous bien, c’est idiot comme phrase ! Non, j’ai arrêté de croire, pour être très précis, en cette chose qu’on appelle chez nous « la démocratisation culturelle ». C’est l’idée qu’en balançant du fumier culturel sur la tête des pauvres, ça va les faire pousser, vous voyez ? Qu’ils vont donc rattraper les riches ! Voilà, c’est à ça que j’ai arrêté de croire. »

Critique parue dans le Monde Diplomatique

Ce petit ouvrage roboratif déconstruit de manière magistrale et drôle, à partir de l’expérience très concrète de l’auteur, comment le projet d’éducation populaire issu de la Résistance et de la Libération a été détourné, via la création du ministère de la culture et grâce à la mégalomanie d’André Malraux, au profit d’une pseudodémocratisation culturelle qui consiste en fait à sacraliser l’art et la « création ». Sous-titré « une autre histoire de la culture », ce texte issu d’une conférence-spectacle met en pièces le caractère prétendument subversif de l’art contemporain, en particulier sous sa forme théâtrale, et montre les enjeux politiques et sociaux de cette mystification.

Le titre du livre se réfère aux paroles d’une militante de la première heure de l’éducation populaire, Christiane Faure, grâce à qui Franck Lepage a compris l’entreprise de décervelage auquel lui-même participait, sous prétexte d’apporter « la Culture » aux « jeunes de banlieue » : « J’ai compris que la culture, ça sert à reproduire les pauvres, pas à les supprimer. » Tous ceux pour qui les mots « exploitation » et « domination » ont encore un sens liront avec profit ce petit brûlot salutaire.

Geneviève Sellier (Le Monde diplomatique, Juin 2008)

Les éditions du cerisier

« Quand c’est arrivé, il y avait presque dix ans que nous faisions du théâtre-action, au Théâtre des Rues. Cela veut dire que nous écrivons collectivement nos textes. Nous écrivons aussi, avant qu’elles les jouent, avec des personnes pas du tout habilitées à le faire : des ouvrières, des féministes, des jeunes, des immigrés, des syndicalistes, des chômeurs, des étudiants. En 1985, nous avions la conviction (peut-être s’est-on trompé, mais tant mieux) que ces textes ne trouveraient aucun éditeur alors que nous voulions - avant de, peut-être, céder la place - laisser une trace.

Les Editions du Cerisier sont nées ainsi, et l’esprit qui les hante ne peut que se rapprocher de celui du théâtre-action. L’envie qui prime est de publier une littérature prolétarienne. Pour autant que ce terme ne soit pas en coma dépassé. Pour autant aussi qu’il soit renoncé aux querelles sur la pureté ou l’impureté prolétarienne probable ou improbable de l’auteur. Donc les Editions du Cerisier publient, par privilège et prédilection, des romans, des nouvelles, du théâtre, des essais qui, sans fard, traitent de la société d’aujourd’hui. Pour nous, être à l’écoute de la littérature sociale c’est un engagement, pas un dogme. C’est cette ligne éditoriale qui fait qu’un éditeur est un petit rien de plus qu’un fabricant. »

Vous pouvez aussi visiter le site des Editions du cerisier ou télécharger leur catalogue ci-dessous

PDF - 3.4 Mo

À propos

L’EDUCATION POPULAIRE, MONSIEUR, ILS N’EN ONT PAS VOULU… Inculture(s) 1
Franck Lepage
Editions du Cerisier
Collection "Théâtre-action"
112 Pages
ISBN : 2-87267-109-9
Sortie : 2007
9 €