Menu

"Gilets jaunes" à St-Pons-de-Thomières : Doléances.

Nous avons demandé à Pierre Blondeau, de La Cigale de St-Pons-de-Thomières, héros de notre film La cigale, le corbeau et les poulets de tenir un journal de bord au premier jour du mouvement au rond point de la Cigale.

Voici donc son rapport, mis à jour au fur et à mesure que nous recevrons ses courriers, écrits à la main.

PDF - 4.3 Mo
Lettre Manuscrite 1

LETTRE 1 : "Gilets Jaunes" ou la Jacquerie Saint-Ponaise" par Pierre Blondeau

Samedi 17 novembre 2018

140 personnes sur trois sites (route d’Artenac, rond-point central et carrefour du Martinet).
Mise en place de la troupe à 5h30 jusqu’à 18 heures. De très nombreux jeunes ce qui fait chaud au cœur. Et une très grosse partie de la population se sent concernée. Moult photos prises par le correspondant du Midi Libre. Mais celui-ci, jusqu’à ce jour, n’a produit le moindre article ?
Quelques conseillers municipaux présent dont le maire. Absence révélatrice du président de la communauté des communes (et de ses sbires).
Très bonne ambiance et aucun problème avec les automobilistes bloqués par le barrage filtrant. Gendarmes débonnaires.

Lundi 19 novembre 2018

Mise en place du dispositif filtrant de 5h30 jusqu’à 17 heures au rond-point central par 20 personnes puis environ 80 personnes au plus fort de la journée. Opération pour filtrer les 300 camions qui, le lundi matin, arrivent du Tarn, Tarn-et-Garonne, Haute-Garonne, pour ravitailler et se ravitailler au dépôt de Frontignan et/ou du littoral. Chauffeurs solidaires du mouvement. Certains prennent même leur pause sur place, ce qui coince la circulation un peu plus longtemps, une heure, 1h15.

Dans la nuit, des "autonomes" ont renversé des poubelles et jeté des palettes au rond-point. Les gendarmes ont dû nettoyer la place et rester sur site dès quatre heures. Mauvaise humeur surtout lorsque l’on leur demande pourquoi n’ont-ils pas enfilé leur gilet jaune aujourd’hui ? (comme le prévoit le règlement pour leurs interventions nocturnes sur la chaussée). Journée toujours très amicale.

Mardi 20 novembre 2018

6h30 journée plus électrique (avec la maréchaussée). Automobilistes et camionneurs toujours aussi plaisants. Dans la nuit, deux épaves de voitures ont été mises en place au rond-point et devant la porte du bureau des impôts. Les bleus soupçonnent des présumés activistes locaux... Barbecue et machine à café fonctionnent à plein pot.
Encore au moins 80 manifestants vers midi lors de l’enlèvement des carcasses des bagnoles. Douze gendarmes présents. Ceux-ci ont dû croire que nous allions empêcher la dépanneuse de faire son travail ? Moment de fébrilité... Après, retour au calme et levée du siège à 17h.

Mercredi 21 novembre 2018

A priori, reprise de l’action à 14h. Visite programmée des locaux de la communauté des communes... Pour information, notre action est concertée avec nos camarades/amiEs des barrages de Lacabarède et Saint Amans (Tarn)...

Conclusion [provisoire] : Le prolétariat local a compris que le gouvernement nous prend pour des bougnettes. Surtout lorsqu’il dit qu’il faut déclarer la manif en préfecture. Ce qui donnerait un nom d’un pseudo organisateur. A noter que le collectif des gilets jaunes de Saint-Pons a demandé rendez-vous lundi matin au sous-préfet de Béziers et au député Huppé (LREM) de notre circonscription. À cette heure, queue de chique et peau de balle et ballet de crin comme réponse. Heureusement que notre bon Macron dit qu’il faut dialoguer... La lutte continue ! Et ce, jusqu’au moins samedi prochain. Tous ensemble ! Tous ensemble !

LETTRE 2 : " Le drapeau rouge flotte sur la façade de la Cigale" par Pierre Blondeau

Mercredi 21 novembre après-midi.

Relâche le matin pour sauver le marché hebdomadaire. Donc, c’est après-midi blocage filtrant renforcé de 14 heures à 18 heures : 42 manifestants. Les gendarmes commencent à s’impatienter, surtout qu’ils pensaient que le mouvement serait dissous vendredi soir au plus tard. Il faudra repousser des repos programmés.
Visite de 5 gilet jaunes à la communauté des communes. Aucun élu. Le secrétaire général débordé (?) ne peut nous recevoir. Contact avec le secrétariat de Mesquida [président du département de l’Hérault, ex-député-maire PS de Saint-Pons] de Montpellier (pas moi je le jure sur la tête de Marco de Tessines...) pour obtenir un bus gratos pour aller à Paris. Réponse doit être donné demain matin. En fin d’après-midi, contacts avec là-bas si j’y suis puis Daniel Mermet en direct. Carburant au plus bas dans les station-service du village. Il manquerait aussi de la farine chez le boulanger. Cela fleure la disette... "S’ils n’ont plus de pain, qu’ils mangent de la brioche ! »
Très bonne ambiance entre les manifestants qui ne se connaissaient guère avant le 17 novembre.

Jeudi 22 novembre matin et après-midi.

Blocage filtrant en place à 8h. Une grosse trentaine de manifestants, puis une cinquantaine dans la journée. Levée du blocus à 18h. Prise de contact à 11h avec là-bas si j’y suis. Les gendarmes, un tantinet fébriles, voulaient faire eux-mêmes la circulation. Après discussion, ils restent dans leur rôle de spectateurs attentifs du dispositif... Mesquida ne répond plus. Le drapeau rouge flotte sur la façade de la Cigale depuis le 17 novembre 2018 et a encore de beaux jours.
Les boulangers et les stations de carburant ont été ravitaillés. Et un grand merci au Croustillant à la Baguette magique au Fournil et au boulanger de Riols ainsi qu’au bistrot Michou, le Palais, le France, pour avoir offert croissants, pain et café aux manifestants.

Vendredi 23 novembre matin et après-midi.

Blocage filtrant (à compter de huit heures) par une grosse quarantaine de manifestants. Temps clément. Journée agréable. Les automobilistes et les camionneurs toujours aussi avenants et les gendarmes cordiaux. Dans l’après-midi, distribution de (notre) tract aux services des impôts et à la mairie (qui nous accorde une salle pour le week-end). Ils s’engagent à faire remonter nos doléances aux échelons supérieurs. Com’com fermée. Une des principales demande est : mise en place par le gouvernement des États Généraux de l’aménagement du territoire. Dans la nuit, quelques macronistes compatibles ont saccagé le rond-point (pancartes et banderoles arrachées). Remise en place de nos calicots dès potron-minet. Départ aussi de 3 voitures de 9 places en covoiturage pour Paris (soit entre 23 et 26 manifestants).

Samedi 24 novembre.

Assemblée Générale sous la mairie à 8h30. À compter de 9h, 50 manifestants au rond-point et ce, malgré le départ de quelques-uns aux ronds-points de Bédarieux, de Saint-Amand (81) et pour Paris. 80 personnes à midi, pour pendre, puis décapiter et brûler le roy (soit l’effigie de Macron ). À l’issue, le jaune (Ricard) a coulé pour arroser l’événement... Levée du siège à 18h30.

Dimanche 25 novembre

D’aucuns, une quinzaine, étant mieux au rond point que chez eux, ont tenu le barrage filtrant de 14 heures à 18 heures. Le rab, surtout lorsqu’il n’est pas prévu au menu, est toujours excellent…

LETTRE 3 : Doléances

Lundi 26 novembre matin et après-midi

Rendez-vous à 4h30 à la Cigale pour prendre le café. A l’issue, blocage des (300) camions, venant du Tarn…

Dix personnes en place de 4h40 à 7h15 puis levée du blocus (une soixantaine de camions), gendarmerie absente. Café offert aux routiers, très philosophes. Puis plus de circulation. Des camions de terre ont été déversés sur la 612, à la hauteur d’Albine (81). Les gonzes du BTP local ont refusé d’y aller. C’est un petit engin du conseil départemental de Mazamet qui a ré-ouvert la route. Chez nous de 8 heures à midi et de 14 heures à 17h30, un piquet de dix gilets jaunes au rond point. Présence statique.

Mardi 27 novembre matin

Un autre piquet de six à huit gilets jaunes sur le rond point avec pancartes et calicots (dans l’attente de connaître les réponses de Macron, à notre mouvement).

Mardi 27 novembre après-midi

17h : Assemblée Générale des gilets jaunes Saint-Ponais dans une salle de la mairie. Vingt huit personnes. Calendrier des actions pour la semaine défini.

Mercredi 28 novembre matin et après-midi

Distribution massive au marché hebdomadaire du tract appelant à manifester samedi prochain. Mise en place d’un piquet de gilets jaunes au rond point. On ne lâche rien ! Le Midi libre préfère, a priori, les casseurs et le méchant bordel car le matin, un nouvel article sur les actions (limites) de nos camardes de Bédarieux fait la Une. Faisant croire aux lecteurs que seul Bédarieux, dans les Hauts cantons, est sur le pont !...

Jeudi 29 novembre matin et après-midi

Mise en place sur les ponts de Saint-Pons et de Colombières des banderoles MACRON = DÉMISSION.

10h30 : Une délégation de 5 personnes au Trésor public de Saint-Pons (ès qualité - Bercy local) demande de transmettre les revendications suivantes :

- Augmentation du SMIC à 1800 euros avec répercussion sur l’ensemble des grilles de salaires mais aussi des pensions et des minima sociaux ;

- Prise en charge par l’employeur de l’abonnement de transport domicile/travail ; à défaut de transport collectif à proximité du lieu de travail, prise en charge des frais liés à l’utilisation du véhicule personnel (chèque transport à l’image du ticket restaurant) ;

- Suppression de la TVA pour les produits de première nécessité, notamment le gaz et l’électricité ;

- Fiscalité juste, tenant compte des revenus (impôt sur les revenus, impôts locaux) et de la richesse (impôt sur la fortune, droits de succession) ;

- Des logements de qualité financièrement accessibles (17% de HLM en France, 35% aux Pays-Bas)

- Retour de l’ISF

Accueil (et réponses) courtois de la chef d’agence.

15h : Délégation de 6 personnes à la Com’com. Réunion d’éluEs en cours. Ne peuvent nous recevoir (2ème fois). Josian Cabrol (président de la Com’com) sort pour connaître notre démarche. Conversation houleuse. Avons convenu d’une réunion mardi matin. Celle qui sera décisive pour suite à donner avec ces élus égocentrés… A la question : pourquoi les éluEs de la Com’com ne viennent pas nous renforcer au rond point, Josian Cabrol répondit qu’il ne voulait pas qu’un certain petit journal ("La Commune" ?) proclame que les éluEs récupéraient le mouvement. Réponse spécieuse ! Dans un cas d’urgence comme celui-ci, où prime l’intérêt commun, où les français soutiennent le mouvement à 85%, toutes les querelles locales sont gommées (au moins jusqu’à la campagne des prochaines municipales…). Les pauvres éluEs de la Com’com du Caroux au Minervois, comme le gouvernement sont complètement hors-sol, péteux et petits bras…

Vendredi 30 novembre

Matin : Délégation de quatre personnes à la mairie. EluEs absents. Remise de nos revendications. Devont être reçus prochainement.

Après-midi : Le député (Philippe Huppé – LaREM) avec son suppléant Bruno Barthes (maire de Creissan) et son attaché parlementaire, en vadrouille dans le coin, veulent rencontrer les gilets jaunes de Saint-Pons, après ceux de Bessan et ceux de Béziers. Réunion d’une heure improvisée à la Cigale, dix gilets jaunes. Au début dialogue de sourd puis quelques prises de bec. A la fin, doléances entendues qui devraient remonter au gouvernement. Demandes principales : revalorisation conséquente du SMIC, gel des taxes et états généraux de l’aménagement du territoire… Le député a au moins pris la peine de venir nous voir !

A suivre...

Gilets jaunes au rond point de la Cigale

Noël, c’est par ici ! →