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Gasherbrum

Disponible en VOD et DVD

Les alpinistes Reinhold Messner et Hans Kammerlander, entreprennent l’ascension de deux sommets de l’Himalaya culminant à 8000 mètres, d’une seule traite, sans camp fixe, sans radio ni oxygène. Messner a déjà gravi ces deux sommets, mais les enchaîner ainsi, sans retour au camp de base, serait un exploit inédit.

Revue de presse à l’occasion de la sortie en salle en 2014

Une critique très complète du film à lire sur Dvd Classik. Par Olivier Bitoun

Les Fiches du cinéma : " Au-delà de leurs sujets – un volcan au bord de l’éruption, un alpiniste tentant un pari fou, c’est toute l’œuvre d’Herzog que renferment ces deux documentaires."

L’Humanité  : " Un diptyque vibrant, représentatif des options d’un cinéaste dont la recherche éperdue du dépassement a des accents mystiques. "

Télérama  : " Une folie inquiétante passa dans ces documentaires. Mais aussi le frisson d’une confrontation au monde, exaltante. "

Les Inrockuptibles : "En apparence hétérogène, flirtant avec la folie et le primitivisme, l’œuvre d’Herzog questionne constamment la place de l’homme occidental dans le monde."

Libération : " Herzog voit en Messner une sorte de double de lui-même (...) et sa caméra ne vacille pas quand il parvient enfin à le faire craquer d’une seule question dite de cette voix au timbre inimitable. "

Werner Herzog par Olivier Bitoun

Une introduction à l’oeuvre du cinéaste allemand à retrouver sur le site de Dvdclassik

Herzog est une légende. A l’évocation de son nom ou de ses films les plus célèbres (Aguirre et Fitzcarraldo en tête), ce sont mille histoires, mille anecdotes qui surgissent. Si l’on peut admettre que quand « la légende dépasse la réalité, alors on publie la légende », parfois celle-ci occulte trop l’homme pour ne pas être remise en question.

Herzog a si souvent été présenté comme un excentrique, un mégalomane, voire un fou que la perception de son œuvre s’en est trouvée profondément faussée. On sait qu’il a tourné cinq fois avec Klaus Kinski (belle preuve de son insanité !), a fait hisser un bateau en haut d’une montagne (voilà pour la mégalomanie...), qu’il a hypnotisé ses acteurs (… et l’excentricité). Mais si la folie, la mégalomanie, l’excentricité traversent effectivement son œuvre, il est parfaitement réducteur d’associer le cinéaste aux sujets de ses films. Plutôt que de voir dans ses entreprises parfois démesurées une mégalomanie clinique, dans son association à Kinski un rapport qui tiendrait du sado masochisme, il convient plutôt de s’interroger sur les raisons qui l’ont mené à préférer hisser un véritable bateau en haut d’une montagne plutôt que de tourner dans le confort d’un studio, il convient de comprendre que s’il s’est acharné à faire tourner Kinski ce n’était pas pour le plaisir de la confrontation mais parce que dirigé, contrôlé, il était tout simplement un acteur habité au charisme hallucinant. Très (trop ?) rapidement porté aux nues par la critique, présenté comme le grand espoir du cinéma allemand, Herzog a subi le contre coup de cet engouement généralisé.
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Ce hiatus entre la perception de l’homme et l’homme lui-même remonte à loin. Très (trop ?) rapidement porté aux nues par la critique, présenté comme le grand espoir du cinéma allemand, Herzog a rapidement subi le contre-coup de cet engouement généralisé. Il bénéficie durant les années soixante-dix d’une aura incontestable. Il incarne, aux côtés de Fassbinder, Schlondörff et Wenders, le renouveau d’un cinéma allemand exsangue depuis la fin de la seconde guerre mondiale. S’il émerge au même moment que ces cinéastes, son œuvre est totalement à part. En effet, ses films ne sont pas ancrés dans la société allemande de l’époque et n’évoquent guère le monde contemporain : ils sont happés par des images du passé et se situent souvent géographiquement loin de l’Allemagne et même de l’Europe. De plus, en terme de production, Herzog se place complètement en dehors du système classique du cinéma, produisant lui-même ses films (il travaille pendant deux ans dans une aciérie pour financer son premier court, Héraclès) et travaillant avec une équipe fidèle et très réduite. Finalement son œuvre, trop personnelle, trop détachée de cette seule question de la renaissance d’un cinéma allemand qui intéresse alors la critique, déçoit peu à peu la plupart de ses thuriféraires. On note la puissance d’évocation de ses sujets, son audace qui redonne un souffle d’air frais à un cinéma allemand moribond. Mais bientôt les critiques préfèrent utiliser les termes de folie, de grandiloquence et de mégalomanie. C’est la porte ouverte à une vision réductrice de son œuvre que l’on ne perçoit plus qu’à travers ces filtres déformants, la porte ouverte à une relecture de ses films que l’on taxe dorénavant régulièrement de fascisme. En effet, une frange de la critique (surtout de gauche) voit en lui un auteur peu recommandable, obnubilé par la question du surhomme, de la puissance, le dépositaire d’une idéologie rance sentant l’eugénisme voire, pour les plus radicaux, le nazisme. Une lecture qui, à la simple vision de son œuvre, est évidemment aberrante mais qui a joué un rôle important dans l’éclipse subie par le cinéaste.
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Dès L’Énigme de Kaspar Hauser (1974), on ne s’intéresse plus que poliment à lui, mais c’est la démesure du tournage de Fitzcarraldo (1982), bien plus commentée que le film lui-même, qui nourrit une fronde critique qui provoque la quasi disparition du cinéaste de l’horizon cinéphile. Mais dès Aguirre (1972), le jeu est faussé. Après l’aventure de ce tournage, la critique, telle un spectateur de compétition sportive en manque d’exploit et guettant l’accident, attend d’Herzog une nouvelle folie, une nouvelle œuvre démesurée. Or le cinéaste déjoue cette attente et ne fait plus, à ses yeux, que décevoir les espoirs qu’elle a placé en lui. La versatilité de la critique est à son comble lorsqu’Herzog réalise Fitzcarraldo et qu’elle ne voit dans ce tournage épique qu’une tentative désespérée de sa part pour renouer avec l’aventure d’Aguirre afin de la charmer de nouveau et de retrouver son soutien.
Un autre lieu commun veut que la disparition de Kinski en 1991 ait marqué la fin de sa carrière de cinéaste, comme si Herzog ne pouvait donner sa pleine mesure qu’en se confrontant à son frère ennemi. Or, après leur dernier film en commun (Cobra Verde en 1987) Herzog n’a jamais cessé de tourner et son œuvre s’est constamment enrichie dans les années 1990 et 2000. Il a seulement poursuivi sa carrière à l’écart du système, privilégiant le documentaire, genre toujours moins vu et moins commenté que le long métrage de fiction. Herzog est ainsi tombé dans l’oubli dans les années 1990, ses réalisations n’étant que peu distribuées et, conséquemment, peu vues. On note dans la presse quelques lignes où il est juste répété qu’Herzog n’est plus que l’ombre du cinéaste qu’il a naguère été et lorsque l’un de ses films est distribué, c’est timidement, sans éclat.
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Une petite partie de la critique continue cependant à s’intéresser à ses films, mais ceux-ci se retrouvent enfermés le plus souvent dans deux grilles de lecture figées - le romantisme allemand et la mystique - qui ne reflètent en rien la vérité d’une œuvre qui ne cesse de s’ouvrir sur de nouvelles questions et d’offrir une réflexion sur l’homme d’une incroyable richesse. Herzog lui même ne fait rien pour faciliter la tâche de la critique. Ne se souciant guère des frontières entre documentaire et fiction, court ou long métrage, réalisant cinquante-six films en moins d’un demi siècle, il finit par perdre même ses admirateurs les plus acharnés. La plupart de ses réalisations sont difficilement visibles et, petit à petit, les frontières de son œuvre deviennent floues, insaisissables. Or on ne peut pleinement appréhender le cinéma d’Herzog en se contentant des quelques longs métrages (une quinzaine au plus) distribués de manière classique.

En 2009, Beaubourg consacre une intégrale au cinéaste et le public a enfin la possibilité de découvrir l’œuvre dans son ensemble. Dans la foulée, son magnifique roman Le Chemin des glaces est réédité et le récit du tournage de Fitzcarraldo (Conquête de l’inutile) est traduit pour la première fois en français. Les entretiens et les dossiers abondent et Herzog sort de l’ombre pour devenir une figure quasi culte du cinéma contemporain, lançant même sa « Rogue Film School », une école de cinéma pirate et itinérante. Mais si ses dernières réalisations (Bad Lieutenant, La Grotte des rêves perdus, Into the Abyss) retrouvent le chemin des salles, il n’en demeure pas moins qu’en dehors de la rétro à Pompidou, la majeure partie de son œuvre demeurait inaccessible. « Demeurait » car en 2015, grâce au distributeur Potemkine, vingt-sept de ses films sont enfin rendus disponibles sur grand écran dans des copies numériques restaurées ainsi que dans une série de coffrets DVD et Blu-Ray.

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À propos

Un film de Werner Herzog
Allemagne (RFA) - 1984
Image : Rainer Klausmann
Son : Christine Ebenberger
Montage : Maximiliane Mainka
Musique : Popol Vuh
Producteur(s) : Lucki Stipetić
Date de sortie : 3 décembre 2014
Durée : 45min