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Des taupes à Caracas

Extrait de l’introduction

Ce livre raconte un voyage en deux temps qui s’est déroulé sur une année : en février et mars 2011, puis en janvier et février 2012…
S’il ne verse pas dans le retour au tiermondisme, la recherche stérile de « modèles » ou l’enthousiasme sénile de l’ancien combattant, cet ouvrage assume donc un parti-pris. Du costume de l’enthousiaste ou de celui de l’impartiale, aucun ne me convient vraiment. La vie m’a appris que la plus précieuse des libertés, même dans des situations difficiles, voire extrêmes, est celle de pouvoir choisir. En politique, si vous ne faites pas de choix, quelqu’un d’autre s’en chargera, et cela fait partie du jeu.
Pour ce que j’en ai vu, l’essence du Venezuela bolivarien se situe dans le réveil d’une extraordinaire participation populaire : la passion pour la politique, au sens de la gestion de la polis, par l’exercice constant de l’agora par les exclus, ces « affreux, sales et méchants » qui, aux confins épuisés de la gauche comme il faut, suscitent « le dégoût et l’horreur » qu’exprimait Tocqueville à l’évocation d’Auguste Blanqui.
Dans ce livre, ce sont surtout eux, les « invisibles », qui parlent : des femmes et des hommes de toutes les couches populaires, devenus protagonistes au pied levé.

Extraits de la préface de Maurice Lemoine

Attention, amis lecteurs, cet ouvrage appartient à un genre en voie de disparition : le journalisme ! Et ce d’autant plus qu’il traite de la République bolivarienne du Venezuela. Cette nation n’a pas très bonne presse, vous en conviendrez. Le ton généralement emprunté pour évoquer Hugo Chávez, feu son président, ou Nicolás Maduro, l’actuel chef de l’État, est méprisant dans le meilleur des cas, hostile le plus souvent, accusateur presque systématiquement. [.] En plongeant dans le grand fleuve de la réalité, Geraldina Colotti cherche à échapper au brouillard des préjugés et à comprendre la logique de la « révolution » qui, depuis la fin 1998, mélange de nationalisme populaire, de théologie de la libération, de courants marxistes-léninistes, de cultures paysanne et indigènes, agite et transforme ce pays. [.] Elle prend le vent, arpente le terrain, pose des questions, tâte les pouls. Forte de ce qu’elle observe entre rues résidentielles bordées de palmiers et baraques délabrées des ranchitos de Caracas, pueblos cloqués en bordure de champs et étroites vallées andines, elle va incontestablement à contre-courant. Sans complaisance, mais sans préjugés, elle lève un coin de voile sur la nature exacte de cette révolution.

Les taupes - note de l’éditeur

Les taupes renvoient à Karl Marx, qui écrit dans "Le 18 brumaire de Nicolas Bonaparte" : Bien creusé, vieille taupe ! Cela signifie que la Révolution, à l’instar du mineur de Shakespeare, continue à creuser sous terre. Bien dit, vieille taupe ! Tu travailes à ton aise sous terre ? Quel bon mineur !, lance Hamlet au fantôme de son père. De même Hegel, dans ses "Leçons sur l’histoire de la philosophie", reprend la phrase : Tu as bien travaillé, vieille taupe ! pour désigner l’oeuvre de l’esprit dans le sous-sol de l’Histoire.

À propos

Des taupes à Caracas
Geraldina Colotti
Préface de Maurice Lemoine
Editions du Cerisier
Collection "place publique"
240 Pages
ISBN : 9782872671946
Sortie : 2016
17 €