Menu

Critique du libéralisme libertaire

Généalogie de la contre-révolution
De la révolution française aux trente honteuses
Un livre où Michel Clouscard déchiffre la complicité idéologique du permissif et du répressif.
Editions Delga

À l’heure où les analystes politiques commencent tout juste à adopter ll’expression « libéralisme libertaire », il fallait, pour parer à toutes les confusions, mettre à la disposition du public, l’œuvre qui non seulement reste la seule à ce jour à en avoir formulé le concept, mais surtout en reconstitue la généalogie.

Cette œuvre peut être dite « prophétique ». Dès l’après mai 68 Michel Clouscard prévoit, décode et décrit le parcours qui mène inexorablement de Cohn-Bendit à Le Pen.

Il dévoile ce que les idéologues doivent occulter : mai 68, contre-révolution libérale, cheval de Troie du libéralisme libertaire. Il fallait un nouveau marché : le marché du désir, une nouvelle société, celle de la confusion de la liberté et de la libéralisation, un double profit, celui du permissif pour le consommateur et du répressif sur le producteur, pour sauver le capitalisme en crise radicale. Mai 68 aura fait la promo du plan Marshall comme celui-ci a fait la promo du rêve américain.

Critique paru dans l’Humanité à lire ici

LES ÉDITIONS DELGA

Les Editions Delga, fondées en 2004, sont une maison d’édition spécialisée en sciences humaines engagée dans la défense du service public culturel, la recherche marxiste et l’histoire du mouvement communiste international.

LE FILM

La logique libérale-libertaire, concept théorisé pour la première fois par Michel Clouscard en 1972, conjugue libéralisme économique et libertarisme sociétal, tous deux fonctionnant en étroit rapport, tous deux représentant la même face d’une pièce. Tout est permis, mais rien n’est possible propose, à partir des principaux concepts de Michel Clouscard, de décrire les processus qui ont mené à l’émergence de ce système, d’en décrypter les enjeux idéologiques et d’aborder les conséquences sociales, culturelles et économiques : émergence historique du néolibéralisme ; consumérisme, rites de consommation, rôle et la place des « marchés de la séduction » dans l’économie et disparition de la figure du travailleur de la scène médiatique.

Michel Clouscard

Né en 1928, à Montpinier près de Gaillac, Michel Clouscard est issu d’une famille modeste. Passionné par le sport, Michel Clouscard s’illustre dans le 200 mètres. Il sera même présélectionné aux jeux olympiques de 1948. Il consacrera son premier ouvrage, à ce jour inédit, à une Sociologie du sport dans lequel le sportif devient la figure opposée du Narcisse de la société libérale qui ne propose qu’un corps tourné sur lui-même – un corps pour séduire. Après des études de philosophie à Toulouse, il accepte un poste de surveillant au lycée Jacques Decour à Paris qui lui permet de travailler sa thèse, L’être et le code, sous la direction d’Henri Lefebvre. Il tente dans cette thèse d’analyser l’histoire des relations sociales par le prisme des rapports de production sous l’Ancien Régime. Il soutiendra sa thèse en 1972 devant un jury composé notamment de Jean-Paul Sartre et d’Emmanuel Leroy-Ladurie qui saluèrent l’effort immense que requérait le sujet. Ce travail fondateur lui donnera les clefs pour comprendre immédiatement les enjeux de mai 68 puisque dès 1973 dans un livre intitulé Néo-fascisme et idéologie du désir, il dénonce la collusion entre les tenants du jouir sans entrave et les tenants de l’économie libérale.

Il devient dans les années 1980 professeur de sociologie à l’Université de Poitiers où il finira sa carrière. Il poursuit durant toutes ses années son travail sur la compréhension de la société capitaliste. Il meurt de la maladie de Parkinson en 2009 à Gaillac