Menu

Au bistrot !

Un bistrot, dernier rempart contre la gentrification d’un quartier... Yvonne, la patronne du café, qui sert des petits rouges aux joueurs de cartes, vend du pain, moud du poivre, trouve le mot juste, la phrase qui sauve la journée. Deux films à découvrir... avant d’aller boire un coup.

Chez Salah

Jadis centre industriel à la jonction de Roubaix et Tourcoing, la zone de l’Union est en pleine mutation à la suite d’un ambitieux projet de renouvellement urbain : tout a été rasé, à l’exception de “Chez Salah”, café ouvert en 1965 et relique ultime d’un quartier habité surtout par des ouvriers. Son propriétaire Salah Oudjane refuse de vendre cet immeuble usé de deux étages où il a passé l’essentiel de sa vie.

Devenu symbole malgré lui d’une résistance à la “gentrification” (rénovation d’un quartier populaire au profit de couches sociales aisées), il est l’improbable héros de cette chronique où, au fil des saisons, on voit les bulldozers faire le vide autour de son café, dressé tel un phare dont la lueur semble attirer d’anciens habitants du quartier.

Mon lapin bleu

On est au bout du monde.

Yvonne, la patronne du café, sert des petits rouges aux joueurs de cartes, vend du pain, moud du poivre, trouve le mot juste, la phrase qui sauve la journée. Elle est née dans la maison, il y a quatre-vingts ans. Elle a voyagé, mais a décidé, un jour, d’attendre ici que le monde vienne à elle. Miracle quotidien. Une Mexicaine traverse le bar d’une démarche chaloupée. Un client triste retrouve le sourire. Parfois, c’est tout le bar qui jubile. Il n’y a pas de hasard : « Tous ceux qui entrent chez moi, c’est qu’ils le méritent ! » Pourtant, sur la route, les voitures passent à toute vitesse, indifférentes.

Coquillages et mots d’esprit à déguster. La mer n’est pas loin. La poésie non plus. On est au début du monde.

Les films du cycle