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ABC de la grève

"J’ai toujours pris des risques. J’ai parié sur le terrain de mes convictions. J’ai parié sur le terrain de la liberté, pour la liberté. Je ne joue pas sur le terrain de l’hésitation et de la nuit. Non, je ne joue pas sur ce terrain parce que je crois que l’intellectuel qui joue au grand jour, qui mise sur la proximité, qui mise sur l’interaction avec le peuple, dans une perspective commune, celle d’un processus de justice sociale, de paix mondiale et de vraie démocratie, d’un progrès constant de la démocratie dans le pays, je pense que cet intellectuel-là est sur le vrai chemin."
Leon Hirszman à la radio Jornal do Brasil, septembre 1981

Bresil. 1979.
Chrysler, Ford et Volkswagen refusent de négocier avec les métallurgistes et, le 14 mars 1979, à la veille de l’arrivée du général Figueiredo à la présidence du pays, le pôle de l’ABC, le plus grand centre industriel d’Amérique Latine, entre en grève. Le nombre d’ouvriers en arrêt de travail (entre 60 000 et 90 000) impose l’ouverture d’un stade de football pour tenir un meeting. Le tribunal régional du travail déclare la grève illégale. Plus de mille policiers, des cavaliers, des chiens, des militaires et des blindés sont envoyés sur place. Un homme qui deviendra, vingt-trois ans plus tard, président de la République mène les négociations. Il est, depuis 1974, président du syndicat de la métallurgie après en avoir été le premier secrétaire. Lula parvient à faire voter la reprise du travail mais exige de vraies négociations et menace d’une nouvelle grève. Les ouvriers, vivant pour la plupart dans les favelas sans eau ni électricité, accepteront finalement une augmentation de 73 % de leur salaire.

Leon Hirszman

Après des études d’ingénieur, Leon Hirszman, très tôt impliqué dans la vie sociale et politique de son pays, se consacre à la diffusion d’un cinéma militant au sein des ciné-clubs. Documentariste par vocation, il devient un des chefs de file du Cinema Novo aux côtés, entre autres, de Paulo Cesar Saraceni. Après quelques documentaires très enracinés dans les réalités sociologiques du Brésil (Maioria Absoluta sur la misère et l’analphabétisme du Nordeste en 1964, ou Garota de Ipanema, portrait de la moyenne bourgeoisie de Rio de Janeiro en 1967), Leon Hirszman met en scène son film le plus marquant : São Bernardo (1971), inspiré par l’œuvre de Graciliano Ramos, mais dont la censure retarda sa diffusion.

Producteur malheureux, animateur de la Coopérative brésilienne de cinéma, fondée par les vétérans du Cinema Novo (1980), il tourne, en 1981, un documentaire sur les grèves ouvrières (ABC da Greve) et l’adaptation d’une pièce avant-gardiste dans la description de la condition ouvrière, primée au Festival de Venise : Ils ne portaient pas de smoking (Eles não usam Black-Tie). Son dernier film, en forme de trilogie, Imagens do Inconsciente (1986) relate l’existence de deux hommes et une femme traités dans un centre psychiatrique et s’adonnant à la peinture.


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À propos

Un film de Leon Hirzsman
Genre : Documentaire
Durée : 85 min
1979