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Remue ménage dans la sous-traitance

À Paris en mars 2002, des femmes de chambre employées par la société Arcade pour travailler dans les hôtels Accor, se mettent en grève. Leurs revendications principales : la baisse des cadences de travail et le paiement de toutes les heures travaillées. La plupart des grévistes sont des mères de famille d’origine africaine qui vont pour la première fois lutter pour leurs droits.

Après un an de lutte, elles sortent victorieuses…Mais en mai 2004, la déléguée syndicale qui avait joué un rôle prépondérant dans la grève, est licenciée. La lutte reprend autour d’elle.

Tourné sur une période de plus de quatre ans, ce film brosse un tableau de luttes où avec peu de moyens mais une volonté tenace, des individus organisés collectivement bousculent la loi de la soumission qui règne dans le monde du travail et en particulier dans la sous-traitance.

Note de la réalisatrice

Remue-ménage dans la sous-traitance s’est écrit au fil du tournage sur une période de plus de 4 ans, puis grâce à un long travail de montage. Lorsqu’en 2002 je me lance dans le tournage au sein de Zalea TV, je suis dans une dynamique de « cinéma direct » et je ne me pose pas la question de faire financer ce projet. En 2010 au moment de la finalisation du film, au sein du collectif 360° et même plus, nous avons toutefois obtenu une aide à l’édition DVD de la fondation allemande Stiftung Menschenwürde und Arbeitswelt.

Tout débute à Zalea TV* : En 2002, je participe activement à Zalea TV, une télé associative basée à Paris. Boris Perrin qui a commencé à tourner des images autour de la lutte des femmes de ménage d’Arcade/Accor me demande un jour d’aller filmer un évènement auquel il ne peut participer. Ces femmes en lutte m’impressionnent alors beaucoup, et quelques temps plus tard, apprenant que la grève continue mais que personne de Zalea TV ne les suit, je retourne les filmer pendant quelques mois, jusqu’à leur victoire.
J’ai par la suite gardé contact avec certaines des personnes impliquées dans cette lutte, et un an plus tard, lorsque Mayan Faty est licenciée, je participe à une réunion pour organiser la contestation de son licenciement.

Reprendre la caméra m’apparaît alors comme une évidence. Pour raconter « l’après », il me faut avoir la même détermination que les grévistes avaient eue. Car évidemment la lutte ne s’est pas arrêtée avec la grève d’une année entière. Une nouvelle phase s’ouvre suite au licenciement de Mayan Faty.
Je tente au mieux de trouver une position juste avec ma caméra au sein de l’action militante. Le rôle de témoin que joue la caméra appuie l’action, et le conflit du travail « autorise » sa présence dans ces lieux semi-privés que sont les halls d’hôtel.

Après la fin du conflit autour du licenciement de Mayan Faty, pratiquement 4 ans après le début de la première grève, je retourne voir certaines des ex-grévistes qui acceptent de m’accorder un entretien. Leur mémoire est incroyablement fraîche… Nombre d’entre elles ont cependant refusé de témoigner devant la caméra parce qu’elle trouvaient qu’elles ne parlaient pas assez bien le français.

Vient ensuite le temps du montage au printemps 2006. Comme le tournage, le travail de montage s’étend sur plusieurs années. Boris Perrin et Olivier Azam qui avaient tourné les premières images de la lutte en 2002, me remettent généreusement leurs rushes. Je m’attelle à un gros travail de défrichage, soutenue par le collectif 360° et même plus que nous venons de fonder à Marseille.

En décembre 2006, lorsqu’une grève se déclenche au Novotel Porte de Bagnolet à Paris, avec des revendications très proches de celles de la longue grève de 2002, je décide de reprendre ma caméra, sentant que cette grève doit aussi faire partie du film. Cette fois-ci, en 7 jours, toutes les revendications (sauf une clause de mobilité) sont satisfaites. La fin du film s’était donc écrite…

Au sein de 360° et même plus, le projet du film devient collectif.
Avec Agathe Dreyfus, nous entamons une seconde phase de montage en prenant notre temps, sans pression de délais de production ; nous travaillons le matin sur le film et le reste de la journée sur les autres activités du collectif. Nous montons à quatre mains et nous nous répartissons les tâches : je travaillais par exemple seule de mon côté sur la bande son (étant monteuse son de formation).
Dans ce cadre souple, dégagé autant que possible des contraintes de production (format imposé, respect d’un calendrier…), nous aboutissons à une forme finalement assez fragile, ni vraiment journalistique ni totalement personnelle.

L’édition DVD. Suite aux premières projections du film, des personnes nous ont spontanément proposé de traduire le film dans différentes langues : italien, allemand, néerlandais… Le DVD a été entièrement réalisé au sein du collectif (la conception graphique est de Christine Gabory), avec l’aide précieuse de ces traducteurs.trices, pour donner au film une visibilité la plus large possible.

Le collectif 360° et même plus

Pour plus d’informations et découvrir d’autres films, visitez le site du collectif 360° et même plus.

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À propos

Un documentaire d’Ivora Cusak.
Avec les grèvistes du groupe Arcade et les syndicalistes impliqués dans le mouvement
Une production 360° et même plus
Durée : 70 mn
Sortie au cinéma en Janvier 2011